Ambre, victime de violences conjugales

Vous me direz : pourquoi je ne pars pas ? Je l’aime encore très fort des fois et pour l’instant j’ai encore la force de revendiquer, d’essayer d’amorcer des discussions même si elles restent fertiles.


Dotée d’un fort caractère, je tente de lutter et tenir bon contre le comportement de mon "pacsé" avec qui je vis depuis 3 ans mais par moments je suis anéantie et hésite à partir.

Lors de notre rencontre, il était passionné, attentionné, me mettait sur un piédestal mais petit à petit son comportement à mon égard s’est détérioré.

Par ex:
- Jalousie excessive et destructrice alors qu’il n’y a pas lieu
- Humiliations en privé et en public
- Punitions
- Dévalorisation
- Mots durs / insultes
- Chantage affectif
- Menaces de me quitter, d’aller voir ailleurs
- A plusieurs reprises gestes violents à mon encontre ou sur des objets
- Reproches constants en privé et en public
- Ordres qui ne me conviennent pas
- Ne s’excuse jamais
- etc, ...

Par exemple,
- il voulait m’imposer de dormir toute nue et face à ma résistance il allait dormir sur le canapé et ne m’adressait plus la parole, ce qui me faisait très mal mais maintenant ça me soulage qu’il y aille, pour "respirer".
- il m’a empêché de pratiquer la gym - sport que je fais depuis toute petite sous prétexte qu’il ne me voit pas assez, que c’est vulgaire mais n’hésite pas à aller voir ses amis presque tous les dimanches pendant que je m’ennuie seule à la maison.
- Simule des conversations téléphoniques avec des gens ou d’autres femmes pour que je réagisse.
- A trop souvent employé les mots "incapable", "mongolienne", "salope", "garce", "bonne à rien" à mon égard en privé
- Dit que je cuisine "de la merde" et lorsqu’il cuisine lui, m’interdit de toucher à son plat sous prétexte que je dois être punie de ne pas être capable de remplir mon rôle de femme
- me reproche de vivre à ses crochets alors que je paie la moitié de toutes les factures en gagnant 3x moins que lui.
- Inspecte tout ce que je n’ai pas fait sans reconnaître ce que je fais dans notre ménage (lorsque je passe l’aspirateur il va voir dans des coins cachés et inaccessibles pour me prouver que je l’ai mal fait)
- lorsque nous recevons sa fille (d’une autre union) - en pleine crise d’adolescence - me la laisse en charge complète et ne me soutient pas moralement, il m’a même bousculé devant elle et me rabaisse constamment devant sa fille
- perd facilement patience avec notre bébé de 1 an et lui crie dessus comme si elle était en âge de comprendre, lui donne à manger des aliments non adaptés (coca, lui fait goûter des plats d’adultes très épicés) malgré mes mises en garde pour sa santé et prétexte qu’elle n’est pas en sucre et que c’est elle qui doit s’adapter à nous et non l’inverse. Une fois il m’a même bousculé alors que j’avais notre fille dans les bras, elle a eu du mal à dormir la nuit et était perturbée pendant plusieurs jours qui ont suivi.
- A fait un trou avec un coup de poing dans la porte de la cuisine, des nerfs
- M’a déjà giflé
- M’a poussé violemment alors que j’étais enceinte
- Un jour où j’ai fait une crise de spasmophilie / tétanie m’a laissé parterre et m’enjambait sans se préoccuper de savoir si j’allait mal ou pas
- Ne supporte pas que je travaille, s’invente des trahisons avec mes collègues de travail hommes
- Me fait des scènes les rares fois où j’appelle mes amies parce que ça dure alors que lui passe des soirées voire journées avec les siens et sa famille (appels plus courts mais à de très nombreuses personnes d’affilé)
- A essayé de me rabaisser devant ma famille et mes amis mais vu que ça n’a pas marché, évite leur compagnie le plus possible
- m’impose son entourage à la maison sans tenir compte de mon avis
- me lève la main comme si j’étais un enfant qu’on veut impressionner
- un jour où on est partis en vacances m’a laissé en pleine nuit à l’hôtel avec notre bébé et tous les bagages et est rentré à la maison, à 300Km de chez nous. Voulait me laisser me débrouiller seule pour rentrer sans véhicule, ni papiers et est revenu le lendemain car je l’ai culpabilisé par rapport à notre fille car il ne m’avait pas laissé sa poussette
- lorsque qu’on est invités chez quelqu’un et qu’il est de mauvaise humeur, me laisse en plan et je dois justifier son geste devant les autres, me sens très mal car en plus je dois solliciter les gens pour me ramener chez moi et à mon retour il me reproche de m’amuser sans lui
- m’a enfermée en dehors de chez moi un jour où je suis sortie 1/4 d’heure pour m’aérer le cerveau après une grosse dispute
- Exige que je m’excuse après des disputes qu’il a provoquées - chose que je n’ai jamais fait !
- Me fait des scènes incroyables si j’ai le malheur d’arriver en retard du travail à cause des transports en commun
- A tenu jusqu’à 3 jours complets sans m’adresser la parole ni me jeter le moindre regard et en bravant tous les interdits qu’on s’était fixés (comme fumer à l’intérieur de l’appartement, contacter ses ex). Au début j’allais vers lui mais en fin de compte c’est plus reposant que lorsqu’il me hurle dessus

Vous me direz : pourquoi je ne pars pas ?
Je l’aime encore très fort des fois et pour l’instant j’ai encore la force de revendiquer, d’essayer d’amorcer des discussions même si elles restent fertiles. Notre bébé a vraiment besoin de l’amour de ses 2 parents (lorsqu’elle fait 1câlin à l’1, elle en fait aussitôt 1 à l’autre) et je ne veux pas lui faire subir la séparation (je suis encore meurtrie de celle de mes parents). Lorsqu’il voit qu’il a dépassé mon seuil de tolérance (tolérance obligée pour éviter la soupe à la grimace) il devient adorable, aimant, me dit qu’il m’aime, me complimente pour se faire pardonner - comme à nos débuts -c’est sa façon de s’excuser car il ne demande jamais pardon. Je lui ai proposé d’aller voir un psy pour couples pour arriver à s’entendre et à gérer les sources de conflits mais il me dit que c’est moi qui ne suis pas tranquille et que lui va très bien.

Je ne sais pas s’il a atteint un stade grave de comportement violent (il ne me bat pas) mais du fait que j’aie cette faculté à passer outre et de lui tenir tête, je me suis armée moralement et ce qui me meurtrissait et m’empêchait de dormir au début ne m’atteint plus. Je dors comme un bébé, paisible même si au réveil je redoute son humeur qui va conditionner le déroulement de ma journée. Il est imprévisible et peut passer du meilleur au pire en quelques minutes. J’ai encore envie de lui assez régulièrement et pourtant je ne suis pas adepte du masochisme !!!

Voilà mon quotidien, je me rends bien compte que cette situation est anormale, mais...