Annie Soussy - Docteur au Centre hospitalier intercommunal de Créteil
[ Durée de la vidéo : 1 min 38s ]

L’accompagnement après la plainte : "C’est très difficile de porter plainte, c’est une étape importante...Il faut qu’elles en parlent, qu’elles soient examinées, qu’elles soient orientées vers des associations".

Transcript Vidéo

C’est très difficile de porter plainte, surtout porter plainte contre une personne avec qui elles vivent, elles ont construit quelque chose, elles ont des enfants, mais ce qu’on essaie de leur dire, et justement même quand elles ont porté plainte, parce qu’elles se sentent souvent coupables d’avoir porté plainte, c’est que c’est une étape importante, parce que ce qu’elles ont vécu souvent pendant un temps assez long, que ce n’est pas normal, que ce n’est pas un comportement normal d’être victime de violences psychologiques et aussi de violences physiques, les deux séparées ou les deux associées de la part d’une personne quelle qu’elle soit, même si c’est une personne qu’elles aiment, pour laquelle elles éprouvent des sentiments, souvent elles n’ont pas porté plainte parce que c’est pour protéger les enfants, et ce sont les enfants qui un jour leur disent, et souvent même quand ils sont très jeunes, leur disent "Il faut arrêter, on ne peut plus supporter ça", même s’ils ne sont pas conscients des difficultés d’en parler, le fait d’en parler, de porter plainte, ce sont les difficultés qui vont être rencontrées, mais c’est eux qui vont dire à leur mère de réagir.


C’est important qu’elles en parlent, c’est important parce qu’on a des moyens maintenant, on peut les orienter vers, déjà qu’elles soient examinées, qu’elles doivent faire un bilan sur le plan somatique, parce que souvent elles ne reçoivent aucun soin, elles vont jamais à l’hôpital même si elles ont été blessées, donc déjà qu’elles puissent bénéficier de cette prise en charge, qu’elles soient orientées vers des associations ensuite pour les aider aussi sur le plan juridique, sur le plan psychologique et puis après effectivement c’est un parcours qui va être difficile mais c’est un parcours qui va permettre de leur faire commencer peut-être une autre vie, de ne plus subir de violences.