Christian Gassien - Commandant de Police. Direction de la Police Urbaine de Proximité.
[ Durée de la vidéo : 2 min 05s ]

"Il y a des signes, des indicateurs à prendre en considération : l’isolement, lui retirer son livret de famille, sa carte bancaire, son carnet de chèque, son trousseau de clé…"

Transcript Vidéo

S’agissant des signes avant-coureurs qui nous permettent d’identifier qu’une femme peut être victime de violences, il est difficile de faire une liste exhaustive.


Cependant on peut, au travers des procédures que nous avons pu rédiger, constater qu’il y a par exemple une période où la femme est isolée de l’extérieur.


Son concubin, ou son mari, fait le vide autour d’elle.


Il y a d’autre part le fait qu’on puisse lui retirer le Livret de famille, lui retirer les moyens de paiement, même si elle a une activité salariée, on va lui retirer sa carte bancaire, on va, enfin, l’auteur des violences, ou l’auteur potentiel, peut lui retirer son carnet de chèques, lui retirer le trousseau de clés qu’elle pouvait utiliser jusqu’avant cette période justement qui précède ce basculement dans la violence.


Et tous ces éléments justement peuvent être des indicateurs à prendre en compte en considérant qu’il est difficile de déterminer s’il y a des traits de caractère spécifiques concernant les auteurs, mais il y a toujours, du moins très souvent, cette recherche de légitimer l’agressivité qui précède souvent la violence, avec des prétextes tels que "Mais le repas n’est pas encore prêt, j’ai travaillé très dur jusqu’à cette heure-ci".


Avec un reproche parce que la concubine est en train de finir le repassage ou en train de s’occuper des enfants.


Effectivement, il y a au départ une espèce de, une sorte de, je vais dire une recherche légitimité, mais de griefs qui sont adressés à la victime et qui semblent justement dédouaner a priori l’auteur des violences.