Fabienne, victime de violences conjugales
Première grosse colère, il ne me touche pas, jamais pour ne pas laisser de traces.
Merci à vous de nous permettre de témoigner.
Voila ce que j’ai vécu durant 6 mois, 6 mois d’enfer, 6 mois d’humiliation, d’isolement, de manipulations, de violences sexuelles et de viols. Voilà comment tout a commencé, février 2008, le papa de mon fils et moi-même, nous nous séparons.
Un copain qui devenait un peu proche de moi vient à mon domicile.
Gentil, attentionné, tendre, il me couvre de compliments. Nous sortons ensemble, je suis totalement perdue émotionnellement, faible dans ma tête. Trois semaines passent, nous nous voyons un peu le soir, de temps en temps. Trois semaines calmes. Trois semaines où il était gentil avec moi. Voilà le début de l’enfer.
Un jour, il me demande de vivre chez moi. Je refuse totalement, première grosse colère, il ne me touche pas, jamais pour ne pas laisser de traces. Ce jour la il me rabaisse, se moque de moi, me traite plus bas que terre. Le temps passe dans ce climat malsain de tortionnaire, rythmé par des insultes, des humiliations sans cesse, des colères énormes, de l’isolement, il commence à me pousser contre les murs, il ne me laisse pas dormir tant que je ne me suis pas rabaissée a ses pulsions sexuelles.
Au mois d’avril, premier viol. Je me tais, je n’en parle a personne, de toute façon il n’y a plus personne autour de moi. Tout va très vite, il me rabaisse de plus en plus a tous niveaux. Je réalise que rien ne va mais n’arrive pas à réagir.
Au mois de mai, deuxième viol, au mois de juillet, troisième viol, au mois d’août ; mi-août, après une millième colère, il a voulu recommencer et ma seule défense, de survie car ce soir-là, j’ai cru qu’il allait me tuer, ce fut de simuler une détresse respiratoire afin qu’il prévienne les secours. Après avoir fait semblant que le téléphone ne marchait pas, il appelle le samu. Ce moment fut interminable. Ils ont mis du temps a comprendre, j’avais peur de parler, il était encore là.
Les gendarmes sont venu après, il est parti sans faire d’histoires et le pire ces qu’ils m’ont a peine cru. Pas de traces, j’ai entendu. La rage de me battre, je vais porter plainte. Au moins quatre heures d’audition en deux fois. C’est dur mais sous le choc je me suis mise a nue.
J’ai eu l’impression de subir à nouveau une humiliation, mais après tout cela c’est quand même le soulagement, l’enfer était bel et bien fini, lorsque j’ai pris la décision dans cette instant de survie de briser le silence et cette terreur physique et psychique, je me suis senti revivre.
C’est difficile, les démarches sont longues, j’ai du déménager, fuir pour me protéger ainsi que mon fils, pour des raisons de sécurité. Dans ces démarches qui se passent dans l’urgence il y a de l’aide, pas assez rapide lorsqu’on est face a tout ça, L’enquête avance a petit pas, ma plus grande joie serait que tout cela aboutisse, que ma plainte soit reçue, mais en tout cas, j’étais dans un tunnel noir et a force de se battre je commence a voir un peu de lumière, la seule choses que je puisse dire c’est de sortir de ce silence a tout prix, on ne peut pas vivre ainsi, ce n’est pas normal, et dans mon cas, en plus de me sortir de tout ça et d’être a nouveau heureuse, c’est de mon devoir de dénoncer, cette personne est un prédateur, comme il y en a temps d’autres, et au moins j’aurai fait mon devoir que de prévenir qu’il est dangereux.
Ne restez pas dans le silence, même si les démarches sont lourdes, ça en vaux la peine. Il faut après se faire aider vraiment psychologiquement et je suis en train de faire un gros travail avec une psychothérapeute et si je peux me permettre de donner un conseil, je travaille avec l’EMDR, une technique reconnus pour tous les chocs traumatiques et ça marche, je vais beaucoup mieux. Réfléchissez a ça, pour toutes celles qui vive l’horreur, Se laisser mourir lentement ou vivre ? La réponse est vite choisie…