Jessy, victime de violences conjugales
Bien évidemment il refusait que je parte (il prenait mon chéquier et mes papiers d’identité et me menaçait de ne pas me les rendre si je sortais) mais je partais quand même.
Je ne sais pas vraiment si c’est de la violence psychologique ou physique. On est resté ensemble pendant deux ans, tout se passait très bien, on avait chacun un studio d’étudiant et on rentrait chez nos parents le week-end. Puis arriva le moment ou il fallut changé de pays pour continuer nos études (21 ans), on avait trouvé une maison avec deux colocataires : mon couple était en haut (deux chambres) et les deux filles en bas. Il a commencé à ne plus me parler sous prétexte que je lui avais dit que j’avais besoin d’un peu de temps seule pour bosser ma licence. Quelques temps plus tard un jour j’ai vu une chaise traverser la chambre (car j’avais pris trop de place sur le bureau et il ne le supportait plus). Au bout de quelques temps le week-end j’ai remarqué qu’il se réveillait le matin, ne m’adressait pas la parole et passait toute la journée avec la colocataire du bas. Comme je me sentais seule loin de ma famille j’appelai quelques amis après avoir passer la journée à réviser mes cours. Et c’est à ce moment là qu’il se souvenait de mon existence et bien évidemment il refusait que je parte (il prenait mon chéquier et mes papiers d’identité et me menaçait de ne pas me les rendre si je sortais) mais je partais quand même. J’avais le coeur lourd de voir que la seule personne que je connaissais dans ce pays me traitait comme une étrangère. J’avais besoin de parler, rigoler un peu et oublier ma solitude.
Et puis ça a dégénéré quand il a vu que ces menaces ne marchaient pas. Je me suis souvent retrouver enfermée dans ma chambre, il bloquait la porte de l’extérieur .Des fois il cachait les téléphones fixe et portable pour que je ne parle pas a personne. Une fois je me suis retrouvée par terre, il avait les genoux sur mon buste (donc j’avais du mal a respirer) et me plaquait les deux bras au sol en rigolant il me disait que je n’avais qu’a appeler à l’aide. J’ai eu droit à des insultes et des menaces de suicide. Un jour il m’a expliqué comment il se blesserait avec un couteau et irait porter plainte contre moi. Il est vrai que dans le couple on le voyait à l’extérieur comme le grand gaillard qui ne ferait aucun mal à personne et moi la petite qui avait du caractère. Du coup il avait réussi à me convaincre que personne ne me croirait car tout le monde savait qu’il était bon et inoffensif.
Il avait réussi à me faire croire qu’il avait un cancer pour que je reste avec lui. J’y ai cru, je lui ai proposer de l’accompagner chez les médecins j’ai passer des nuits à pleurer car j’étais convaincue qu’il allait mourir. J’ai fini par appeler sa mère et le lui demander (au début il me disait qu’il n voulait lui dire pour ne pas la faire souffrir. En y repensant je le trouve inhumain : il savait que j’avais confiance en lui et que je n’aurai jamais penser qu’il m’aurait fait une blague de la sorte.
Dès qu’il y avait du monde à la maison, il était prévenant et tendre avec moi mais je n’arrivais pas à faire semblant .Donc je ne disais rien et tout le monde me trouvait méchante et dur avec lui. Je commençais à perdre la tête avec tout ça. Je préférais rester le plus tard possible à l’université plutôt que rentrer chez moi : je savais que j’aurai eu droit à des insultes, des reproches ou des moments dur dans la chambre. J’ai même eu droit pour mon anniversaire à une surprise avec tous mes amis et des tonnes de cadeaux exagérés de sa part (bijoux, vêtement, photo encadrée de moi...) or il n’était qu’un simple étudiant comme moi donc je connaissais ses ressources. Il n’avait que des mots doux et des gestes tendres devant les autres. Comment parler à mes amis vu que je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait et qu’ils me blâmaient avant même que j’ouvre la bouche. Tous les mois j’étais chez le médecin car j’ai commencé a avoir des soucis d’estomac. Et puis un jour il y a eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase:un soir en rentrant d’une sortie avec des amis ou il n’était pas convier car il me menaçait et je ne cédais pas. Il m’a attendu au bas de l’immeuble et une fois les personnes parties ,il m’a attrapé par le cou et s’est mis à m’étrangler ,je ne pouvais plus respirer ,je ne pensais qu’a une chose :quel indice je laisserai à ma mère pour qu’elle sache comment je suis morte. Ça vous parait peut être irréel mais j’étais convaincue que je mourrai étouffée, et après je ne sais pas ce qui s’est passé : je me suis retrouvée en haut (au quatrième étage) devant la porte. Ce jour là sa soeur était là par chance pour moi. J’ai essayé de lui expliquer, elle m’a consolé et a passé la nuit avec moi. On rentrait en vacances le lendemain, j’ai pu rentrer chez mes parents, j’étais incapable de parler,un peu comme un fantôme. J’étais dans mon cocon familial et mon esprit avait presque oublié jusqu’au jour il m’appela.
Ce jour là j’ai su ce que ça voulait dire avoir peur, une peur qu’on ressent dans tous ses entrailles, qui fait battre le coeur, trembler tout le corps rien qu’entendant sa voix. J’ai découvert une sensation que j’aurai préférée ne jamais connaître et je ne lui ai plus jamais trouvée d’excuse. J’ai tout gardé pour moi (sauf ce que sa soeur a vu) car j’avais peur que mes parents le détestent (ce qui est le cas aujourd’hui) et parce que j’avais perdu toute confiance en moi. Je ne savais pas vraiment si j’avais tort ou si c’était vraiment la réalité !ça a duré un ans et demi et à la fin j’avais l’impression d’avoir 70 ans. J’ai fait des recherches pendant environ quatre ans, sur internet, sur les livres, partout, j’avais besoin de savoir si j’étais folle ou non. Bien évidemment j’ai redoublé ma licence. Je me sens grandie maintenant, je sais que j’aurai la force de partir si je tombe sur un autre de ce genre. Je ne supporte plus que qui ce soit approche de mon cou (baiser ou caresse), j’essaie de faire des efforts pour mon compagnon mais pour l’instant c’est au dessus de mes forces chaque qu’on s’en approche je commence à suffoquer et à paniquer. Et je ne sais pas non plus si un jour je pourrai vivre avec quelqu’un, chaque fois que mon ami en parle, je change de sujet car je sens l’angoisse arriver à grand pas. J’ai eu la chance de ne jamais connaître la violence au sein de ma famille et c’est ce qui m’a donné la force de réagir et de ne pas me laisser faire, j’en remercie dieu et mes parents.
Je sais que mon histoire n’est rien par rapport au calvaire vécu par d’autre femme, je leur demande de tenir le coup et de se défendre car la vie mérite d’être vécue et tout le monde a droit au bonheur donc battez vous pour avoir le votre. Même si ce n’est pas évident.
J’aimerais savoir si un jour je serai "normale", si arrivera un jour ou on me touchera le cou sans que je ne panique, si vous pensez qu’avec le temps je verrai la vie en couple comme quelque chose d’agréable et non comme le début de l’enfer. Gros bisous a tous ceux et celles qui ont eu des moments durs et a ceux qui nous soutiennent, merci d’avoir la patience de lire mon témoignage.