Marie-Eve, victime de violences conjugales

Je voudrais avoir la force de sauter le pas et d’aller porter plainte contre lui et en même temps je n’ose pas, je culpabilise à l’idée de cette démarche. J’aime ma maison et je ne veux pas la quitter. J’aimerais que ce soit lui qui parte.


Je ne sais pas très bien par où commencer. Je sais que je n’en peux plus et que j’ai peur. Mon mari a toujours été très violent verbalement, lors de crises qui avaient toujours trait au ménage ; Je ne tenais jamais ma maison assez bien.

C’est son principal reproche. Au début je pensais qu’il avait raison. Et puis comme je travaillais j’ai commencé à me rebiffer. De temps en temps lorsque je me permettais de lui répondre, il m’a giflée puis il s’excusait. Les scènes étant très espacées, parfois sur des années j’avoue que je ne me suis pas inquiétée.

Et puis il y a quatre ans j’ai pris l’initiative d’inviter un couple d’amis et de le mettre devant le fait accompli. Sa violence s’est déchaînée, il y a eu des coups. Je voulais le quitter. Il a pleuré, supplié, il a impliqué notre fils de 30 ans et j’ai cédé, je suis restée mais j’ai commencé à m’éloigner de lui, à faire de plus en plus souvent chambre à part, à avoir des activités sans lui. Je continuais à travailler.

Et puis, il a subi une lourde opération pour de l’artérite due au tabagisme. Cela m’a fait de la peine. Un an après j’ai pris ma retraite et là c’est devenu l’enfer. Il n’accepte pas que j’aille au cinéma avec des amies, que j’assiste à des conférences, que j’aille à des cours d’Italien. Lorsque je rentre il trouve le moindre prétexte pour hurler, en revenir toujours à son dada le ménage. Il prétend que je vis dans la merde, que je suis une merde, une moins que rien, et promets toujours de me laisser seule ou alors il exige que je quitte la maison sur le champ ,ce que je refuse toujours très fermement . Mais depuis quelque temps j’ai de plus en plus peur, je me mets à trembler dès qu’il hurle.

Je n’ai bien sur aucune preuve de tout cela, je me confie à mes deux meilleures amies. Je voudrais avoir la force de sauter le pas et d’aller porter plainte contre lui et en même temps je n’ose pas, je culpabilise à l’idée de cette démarche. J’aime ma maison et je ne veux pas la quitter. J’aimerais que ce soit lui qui parte.