Titane, ancienne victime de violences conjugales
Je crois aussi qu’une femme a des ressources en elle et qu’elle est bien plus solide que ce qu’on croit.
J’ai connu la perversité, perversité dans les attitudes, les non-dits, les actions.
Cela a commencé petit à petit, insidieusement, pour me faire perdre totalement confiance en moi. Cela a été un travail de sape. Tant vis-à-vis de moi que vis-à-vis de mon entourage, pour m’isoler même de ma propre famille.
Cela a duré 17 ans, et une phrase de trop m’a fait prendre conscience de ce que serait ma vieillesse auprès de lui.
La phrase ? Un réveil à 2h du matin, pour me demander ce qu’il allait toucher comme pension de veuf - on m’avait découvert une tumeur à l’oeil.
D’où examens de contrôle, aller-retour à l’hôpital, frais conséquents. Il n’a jamais demandé de mes nouvelles, des résultats médicaux, il ne m’a jamais conduite à l’hôpital, ni n’est venu me rechercher, ne s’est jamais inquiété de rien, même pas des enfants.
Il a continué sa petite vie, son boulot, ses amis et ses loisirs comme avant. Jamais un geste, ne fusse que de compassion. J’ai pris la décision de me séparer de lui, me disant que tant qu’à faire, autant être vraiment seule pour affronter cela plutôt qu’avec un homme pareil.
Suite à cela, j’ai connu tout, violence verbale, physique, chantage à l’argent, violence vis-à-vis des enfants qui osaient lui tenir tête pour me défendre et me protéger (ils avaient 13 et 15 ans).
J’ai pris conseil auprès d’un psychiatre, pour savoir comment arrêter ce processus. Après entretien, il m’a dit que vis-à-vis d’un pervers, il n’y avait pas grand chose à faire, sinon se protéger, déposer plainte à chaque fois, et surtout ne pas rêver qu’il changerait un jour. Couper aussi tous les ponts, mais avec des enfants, c’est difficile.
J’ai suivi ses conseils, mais j’ai quand même subi 11 attaques en justice, j’ai dû me défendre, il a toujours perdu et a même été condamné par les tribunaux pour harcèlement à mon encontre. Les enfants ayant grandi, j’ai vendu ma maison et suis partie m’installer à 650km de là, avec une frontière entre lui et moi.
J’ai été suivie par une psychologue qui m’a soutenue. Après 8 ans, j’ai réussi à clore ce dossier. Mais il continue toujours à agir dans ma propre famille. Je ne peux que le définir comme : "pervers, sournois, machiavélique". Je pourrais écrire un livre d’horreur sur tout ce qu’il m’a fait subir. J’essaie de tourner la page.
J’oublie : il est avocat. Cela m’a coûté 50.000 euros d’avocat, d’huissier, etc. Mais au moins je n’ai plus la crainte de vieillir auprès de lui.
Je crois qu’il faut toucher le fond pour pouvoir rebondir, il faut accepter de fermer sa porte et de recommencer sa vie avec d’autres amis, dans un autre contexte. Je crois aussi qu’une femme a des ressources en elle et qu’elle est bien plus solide que ce qu’on croit.
Ma tumeur ? bizarrement, elle n’évolue plus, elle est toujours sous haute surveillance. Mon corps m’aurait-il envoyé un signal d’alarme ? Je le crois.
Pour toutes celles qui craignent de quitter : surtout n’hésitez pas, faites vous soutenir par la famille, des amis, des associations et dites-vous que vous ne méritez pas un tel sort, vous avez encore de belles années devant vous. C’est à vous à prendre votre vie en main, à avoir confiance en vous, en vos possibilités, c’est vous qui vous créerez votre nouvel avenir, mais sans "cela". Si mon témoignage peut aider ne fusse qu’une d’entre vous, je serais heureuse de l’avoir aidée.