Action égalité Femmes-Hommes, grande cause du quinquennat

Marilyn Baldeck, Déléguée générale de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail

Dès lors que vous ressentez que quelque chose ne va pas, que vous ressentez intérieurement que le comportement d’un collègue, d’un supérieur hiérarchique, d’un client, peu importe, est anormal, c’est que vous avez probablement raison.

Donc, à partir de là, on leur demande d’observer ce qui se passe, donc, bien souvent c’est un supérieur hiérarchique qui commence, alors d’abord peut-être à être particulièrement agréable, particulièrement gentil...

On ne dit pas que tous les supérieurs hiérarchiques agréables et gentils sont des harceleurs, des agresseurs en puissance, mais disons que ça peut vraiment commencer comme ça, devenir un confident, quelqu’un qui va obtenir beaucoup d’informations sur les personnes.

Alors là, vraiment, disons que les antennes doivent s’activer, parce quelqu’un qui essaie d’en savoir beaucoup sur vous, c’est quelqu’un qui va pouvoir potentiellement vous manipuler.

Le deuxième cas de figure, c’est la personne qui va être le type sympa de l’entreprise, celui que tout le monde aime bien parce que c’est celui qui met l’ambiance, c’est celui qui va raconter des blagues à l’heure du café, etc.

Alors des blagues comment, des blagues sexistes, des blagues sur les blondes, des blagues en dessous de la ceinture, des blagues grivoises qui vont petit à petit être de plus en plus adressées à la victime, qui va pas forcément attention à ce que c’est, qui va s’interroger d’ailleurs sur ses propres sentiments, qui va se dire, "Mais non en fait c’est pour rire, je me fais des idées".

Cette phrase, on l’a beaucoup entendue, on l’entend dans tous nos dossiers : "Au début je pensais que je me faisais des idées".

Vraiment, à partir du moment où on prononce cette phrase, où on se dit "Je me fais des idées", c’est qu’il y a un problème.

Dans les prémices des violences, ce qui va permettre de créer un contexte, favorisant la commission de ces violences, il y a toutes les contraintes sur le travail, parce que là on se situe dans les relations de travail, donc ça peut être deux catégories différentes :

La première, un chef, un collègue qui met la pression, qui essaie de pousser à la faute, pour avoir ensuite avoir un moyen de chantage sexuel, "Tu m’accordes une soirée, une nuit, et je vais dissimuler ton erreur".

Ou alors, et c’est tout aussi anormal, un collègue, un employeur qui vont décharger anormalement du travail, qui vont être particulièrement favorisants dans le travail, qui vont leur donner les contrats les plus agréables, les plus intéressants, ou les tâches les moins dures et qui sont en train de se créer, aussi, une monnaie d’échange pour de futures, comme dit la loi, "Faveurs sexuelles".