Action égalité Femmes-Hommes, grande cause du quinquennat

Que faire quand la victime se confie ?

Une femme majeure m’a parlé des violences qu’elle a subies ou qu’elle subit encore, comment l’aider ?

Un Français sur cinq déclare connaître personnellement quelqu’un qui a dû faire face à du harcèlement sexuel dans sa vie professionnelle. Parmi les femmes qui déclarent avoir été victime de harcèlement sexuel au travail, 55 % en ont parlé à leur famille ou à leur entourage, 43 % en ont parlé à un ou une collègue [1].
30 % des femmes qui ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie en ont parlé à une personne de leur famille. 18 % en ont parlé à un ami ou une amie

Qu’il s’agisse de violences au sein du couple ou de violences sexistes et sexuelles sous toutes leurs formes, lorsque qu’une femme vous relate les faits dont elle a été victime, qu’ils aient cessé ou non, certains réflexes simples et actions et concrètes peuvent faire la différence. Votre intervention doit respecter la parole et les choix de la victime.

SI LA VICTIME SE SENT EN DANGER, RAPPELEZ-LUI QU’ELLE DOIT APPELER LE 17

Quelle attitude adopter vis-à-vis de la victime ?

A FAIRE :

  • Mettez en avant le courage dont elle a fait preuve pour en parler et le fait qu’elle a eu raison de le faire.
  • Déculpabilisez la victime en lui disant qu’aucune attitude de sa part ne justifie les violences subies et que l’agresseur est le seul responsable.
  • Il est possible que la victime minimise les faits. Mettez des mots sur ce qu’elle a vécu et dites-lui que ce qu’elle a vécu n’est pas normal, qu’il s’agit de violence et que c’est interdit par la loi.
  • Soyez attentifs à ses besoins.

A EVITER :

  • Ne remettez pas en cause le récit de la victime, ne cherchez pas à atténuer la responsabilité de l’agresseur. Il est important que la victime se sente crue et soutenue.
  • Ne jugez pas les choix et le comportement de la victime.

Exemples de phrases que vous pouvez dire :

« La loi interdit et punit les violences »
« L’agresseur est le seul responsable »
« Vous n’y êtes pour rien »
« Je peux vous accompagner vers les forces de sécurité… »
« Je peux rédiger pour vous un témoignage dans lequel je décrirai ce vous m’avez relaté »
« Vous pouvez être aidée »

Comment faire pour l’aider ?

  • Respectez les choix de la victime, évitez d’être trop directif. Les démarches doivent être faites avec son accord.
  • Dans le cas où la victime souhaite rapporter les faits à la police ou à la gendarmerie, vous pouvez lui proposer de l’accompagner.
  • Dans le cas où la victime ne souhaite pas déposer plainte dans l’immédiat, vous pouvez lui proposer de rédiger ce qu’elle vous a relaté. Le jour où elle souhaitera déposer plainte, ce témoignage s’ajoutera à d’autres éléments de preuve. Vous pouvez en garder une copie et lui remettre ce témoignage si cela ne la met pas en danger. Dans le cas contraire, vous pouvez conserver votre témoignage écrit et lui proposer de le lui remettre ultérieurement, lorsqu’elle entamera les démarches et que cela ne la mettra pas en danger. Prendre la décision de déposer plainte peut demander du temps à une victime, particulièrement en ce qui concerne les violences au sein du couple et les violences sexuelles. Votre témoignage pourra être décisif au moment où celle-ci sera prête à engager des démarches. Même si elle ne souhaite pas porter plainte tout de suite, rédiger rapidement les faits, tels qu’ils vous ont été relatés permet de minimiser les possibles interprétations, erreurs ou oublis. Précisez à quelle date ces faits vous ont été relatés, le lieu, dans quel contexte, etc.

En tant que témoin, vous devez savoir…

  • Lorsqu’une victime vous raconte les violences sexistes et/ou sexuelles qu’elle a subies, vous pouvez vous sentir mal à l’aise, dépassé, ne pas comprendre ses réactions… Ces sentiments sont normaux. N’hésitez pas à vous faire conseiller ou accompagner, ou à poser vos questions auprès d’associations d’aide aux victimes.

[1Enquête sur le harcèlement sexuel au travail, Ifop pour le Défenseur des Droits, 2014